An 925, Al Razi, médecine totale cartésienne

Illustration : Al-Rāzī est né au pied de ces montagnes – au nord de Téhéran – en 864

Illustration : Les neufs tactiques de la stratégie des survivants – en haut à gauche, tactique 1, en bas à droite, tactique 9

En 2010, Kelly Turner présente sa thèse qui analyse les stratégies de survie de patients « condamnés » qui sont bien vivants 10, 20 ou 30 ans plus tard.
100 % des survivants ont les mêmes NEUF tactiques.
La chose est surprenante.

Mais où ces mille patients et plus ont-ils trouvé ces neufs tactiques ?

Je pense aux médecines anciennes qui étaient des médecines TOTALES.

En particulier à la Médecine d’Al-Rāzī qui regroupe des savoir-faire des médecines chinoise, indienne et grecque.

Descartes et Al-Rāzī : séparer le bon grain de l’ivraie

Al-Rāzī est un Persan ; il crée le premier grand hôpital à Baghdad – an 908 et suivants.
Il produit une quantité colossale d’écrits médicaux – voir exemples en annexe.
En 1278, un manuscrit de son traité de médecine Kitab al-Hawi fi al-Tibb arrive à Naples.
Il est traduit d’arabe en latin par le médecin juif Faraj ben Salem dit Ferraguth.
Le 13 février 1279, un manuscrit de 5 volumes est terminé qui comprend 10 des volumes d’Al-Rāzī.
En 1395, une copie est à la Faculté de médecine de Paris.

À l’époque de Descartes – 1596 – 1650 – les écrits d’Al-Rāzī sont encore importants .
Dans ses 500 pages sur la Médecine totale, pourquoi Descartes ne nomme-t-il jamais Al-Rāzī ?
L’affaire est simple.
Contre les humeurs
Descartes combat la théorie des humeurs – que l’on connait en particulier par Molière = saignées, lavements, etc.
Cette théorie vient du médecin Grec Galien et a été adoptée par Al-Rāzī.
Donc, Descartes dit quelque chose comme :

Quand elle débouche sur la saignée, etc., la théorie des humeurs des ANCIENS est très mauvaise pour la santé.

Pour
Quand les humeurs servent seulement de métaphore, ça ne pose pas de problème.
Je peux dire « je me fais du mauvais sang » sans recourir à la saignée !!!

Du coup, Descartes reprend beaucoup de choses chez Al-Rāzī pour constituer sa Médecine totale.
Il dirait aujourd’hui :

La stratégie d’Al-Rāzī et ses NEUF TACTIQUES est la condition nécessaire pour sauver sa peau !!!

Mais, à l’époque, il ne peut nommer Al-Rāzī et parle des bonnes idées des anciens.

Être à l’écoute du patient et de l’intuition du patient

Nous allons voir l’importance qu’Al-Rāzī donne à l’écoute fine du patient pour personnaliser la thérapie.

Les travaux de Kelly Turner montrent qu’il faut, en particulier, écouter les intuitions du patient.

Par exemple, en 2006, je tombe gravement malade et j’ai l’intuition-sensation d’être empoisonné.
Cela se confirmera lorsque l’on trouvera ultérieurement des PFAS – polluants éternels – dans mon sang.

L’intuition peut porter sur un dispositif thérapeutique « auquel on ne pense pas ».
Par exemple, dans le cas de l’empoisonnement, le dispositif « lavage intestinal ayurvédique« .
Très connu dans certaines écoles de Yoga.
Même si une efficacité « mécanique » n’a pas été fermement démontrée, le dispositif a une PUISSANCE SYMBOLIQUE …
… à ne pas négliger …

Voici donc les 9 tactiques pour sauver sa peau selon Al-Rāzī – dans l’ordre de l’image ci-dessus.

1. Dynamique des émotions

1.1. L’émotion comme cause de la maladie

Al-Rāzī considère les états émotionnels comme des causes directes de maladies tant psychiques que somatiques.
Dans le cadre de la métaphore humorale, les émotions ne sont pas de simples expériences subjectives, mais des forces physiologiques capables de perturber l’équilibre du corps.

  • Les émotions excessives — tristesse, peur, colère, désespoir — altèrent les humeurs et affaiblissent la chaleur vitale.
  • La tristesse prolongée peut engendrer des maladies de dépérissement, des troubles digestifs et la mélancolie.
  • L’émotion est donc un facteur étiologique aussi déterminant que l’alimentation, le climat ou les traumatismes physiques.

Il en résulte que :

Toute thérapie qui néglige l’état émotionnel du patient est nécessairement incomplète.

1.2. La régulation des émotions comme instrument thérapeutique

Pour al-Rāzī, le médecin doit agir activement sur l’état émotionnel du malade.
Il ne s’agit pas d’un simple art de la consolation, mais d’un véritable moyen de guérison.

Il recommande notamment :

  • La rassurance pour combattre la peur et le désespoir
  • L’instauration de l’espoir, qui renforce les forces naturelles du corps
  • Une parole calme et rationnelle pour dissiper l’anxiété et les croyances erronées
  • La distraction et la conversation agréable, afin d’interrompre les états mélancoliques

Al-Rāzī affirme clairement que l’espoir et la confiance favorisent la guérison, tandis que la crainte et le découragement peuvent aggraver la maladie ou rendre inefficaces des traitements par ailleurs appropriés.

1.3. La responsabilité morale et émotionnelle du médecin

Chez al-Rāzī, l’éthique médicale est indissociable du soin émotionnel :

  • Le médecin doit faire preuve d’empathie, de patience et de discernement émotionnel
  • La dureté, l’indifférence ou l’arrogance nuisent à la guérison
  • Le traitement émotionnel doit être adapté au tempérament, à l’intelligence et à la situation du patient

Il anticipe ainsi ce que l’on appelle aujourd’hui l’alliance thérapeutique : la personne du médecin et sa conduite émotionnelle font partie intégrante du traitement.

1.4. La thérapie rationnelle des troubles émotionnels

Dans ses analyses de la mélancolie et de la souffrance psychique, al-Rāzī développe une forme de thérapie rationnelle :

  • Réfutation des peurs excessives et des croyances infondées
  • Relecture philosophique des malheurs
  • Éducation à la modération des désirs et des attentes

L’émotion n’est pas opposée à la raison : la raison est l’outil principal pour corriger les émotions déréglées.

2. الأمل – al-amal – L’espoir, le vouloir vivre

2.1. L’état psychique du patient fait partie du traitement

Dans al-Ḥāwī (Le Livre complet de la médecine) et d’autres écrits cliniques, al-Rāzī affirme clairement que :

  • l’espoir, la confiance et l’attente de la guérison favorisent la réussite du traitement ;
  • le désespoir, la peur et la résignation aggravent la maladie.

Pour lui, l’âme n’est pas passive : elle intervient activement dans le processus de guérison.

2.2. Le médecin doit préserver l’espoir du patient

Al-Rāzī soutient que le médecin a le devoir de maintenir l’espérance, même lorsque le pronostic est défavorable.

Selon lui :

  • les paroles et l’attitude du médecin peuvent renforcer la volonté de vivre ;
  • l’espoir contribue à l’équilibre du corps et peut prolonger la vie ;
  • dans certains cas, ne pas révéler toute la gravité de la situation est moralement justifié si la vérité risque de briser l’élan vital du patient.

Il s’agit d’une intuition précoce de ce que la médecine moderne appelle les effets psychologiques de l’attente (ou effets placebo).

2.3. La volonté de vivre agit sur l’équilibre du corps

Dans le cadre de la métaphore humorale, al-Rāzī estime que les états émotionnels influencent directement :

  • la chaleur et le froid,
  • l’humidité et la sécheresse,
  • l’équilibre des humeurs.

Une forte volonté de vivre aide à préserver un tempérament équilibré (mizāj), tandis que le désespoir provoque un désordre corporel pouvant accélérer le déclin.

2.4. La thérapie est à la fois médicale et morale

Pour al-Rāzī, soigner ne se réduit pas à prescrire des remèdes.
Le médecin a une responsabilité morale envers la vitalité du patient.
Ainsi :

  • encourager et rassurer font partie intégrante du traitement ;
  • une vérité brutale qui détruit le moral est contraire à l’éthique médicale ;
  • le discours du médecin doit être adapté à la capacité psychique du patient.

Cette approche annonce des débats modernes sur l’éthique du soin et la communication médicale.

2.5. Restaurer le désir de vivre avant de guérir le corps

Implicitement, al-Rāzī affirme que, dans certains cas, il faut d’abord raviver la volonté de vivre pour que le corps puisse guérir.

Il ne s’agit pas de nier la réalité, mais de hiérarchiser les priorités thérapeutiques afin de préserver les ressources intérieures du patient.

3. Influence de l’entourage

3.1. Influence psychologique et émotionnelle

Al-Rāzī met en garde contre la fréquentation de personnes pessimistes ou anxiogènes, car leurs paroles et leur attitude peuvent renforcer le découragement du malade et empirer son état.
Le médecin, selon lui, doit donc préserver le malade de toute parole ou compagnie nuisible.

3.2. Mauvaise influence sociale et relationnelle

Pour al-Rāzī, l’environnement social est un facteur médical à part entière.
Les conflits familiaux, les relations tendues, les nouvelles alarmantes ou la fréquentation de personnes agressives constituent des causes externes susceptibles d’exacerber la maladie.

Il recommande au médecin de ne pas se limiter aux remèdes et au régime, mais de réguler l’entourage du patient, en limitant les influences sociales qui provoquent agitation, peur ou tristesse.

3.3. Influence morale et comportementale

Sans adopter une morale religieuse, al-Rāzī considère que les mauvaises habitudes acquises par imitation jouent un rôle important dans l’apparition et l’aggravation des maladies.

La « mauvaise influence » désigne ici :

  • l’adoption de comportements nocifs sous la pression du groupe,
  • l’excès dans la nourriture, la boisson ou les plaisirs,
  • l’absence de modération (iʿtidāl), principe central de sa médecine.

La maladie résulte alors moins d’une fatalité que d’un déséquilibre entretenu par l’environnement social.

4. العَزَائِم – al-ʿazāʾim – formules incantatoires

Al Razi lutte pied à pied contre la superstition.
Donc contre les formules incantatoires superstitieuses.
Ces dernières seront réhabilitées par ses successeurs.
La question est toujours d’actualité.
Si les formules incantatoires sont l’UNE des neuf tactiques pour la guérison, elles auront leur part dans l’efficacité.
S’il y a superstition – leur donner trop d’importance au dépend des 8 autres tactiques – leur effet sera négatif sur les chances de guérison.

5. Alimentation et santé

Pour al-Rāzī, l’alimentation n’est pas seulement destinée à nourrir le corps : elle constitue l’un des principaux moyens thérapeutiques du médecin.

Son principe fondamental peut être résumé ainsi :

Chaque fois qu’il est possible de soigner une maladie par l’alimentation et le régime, il faut éviter de recourir aux médicaments.

Cette phrase est une reformulation moderne de sa pensée, et non une citation littérale du texte arabe.

5.1. L’alimentation avant le médicament

Al-Rāzī privilégie une progression thérapeutique allant du moyen le plus simple au plus puissant :

  1. régler l’alimentation et les boissons ;
  2. corriger le mode de vie du malade ;
  3. utiliser, si nécessaire, des remèdes simples ;
  4. ne recourir aux médicaments composés que lorsque les moyens précédents sont insuffisants.

L’aliment est préférable au médicament parce qu’il soutient le corps tout en lui imposant généralement moins de contraintes.

5.2. Une alimentation adaptée à chaque personne

Al-Rāzī ne propose pas un régime universel qui conviendrait à tous. L’alimentation doit être adaptée :

  • à l’âge ;
  • à la constitution ;
  • au tempéramentالمِزَاج، al-mizāj ;
  • à la maladie et à son stade d’évolution ;
  • à la capacité digestive ;
  • aux habitudes alimentaires ;
  • à l’activité physique et au métier ;
  • à la saison et au climat.

Un aliment bénéfique pour une personne peut être nocif pour une autre.
La santé dépend donc moins d’aliments absolument « bons » ou « mauvais » que de leur adéquation à la personne.

N.B. : Aujourd’hui, on trouve sur le marché des aliments qui sont nocifs pour tous.
– le sucre raffiné
– les blés industriels
– les laits et produits laitiers industriels
– les laits et produits laitiers « naturels » pris en quantité + que minima
– les aliments empoisonnées par les produits chimiques de synthèse
– les aliments trop raffinés
– les aliments appauvris

5.3. La quantité compte autant que la qualité

Même un aliment sain peut provoquer des troubles lorsqu’il est consommé en excès.
Selon al-Rāzī, la suralimentation surcharge la digestion, produit des résidus nuisibles et perturbe l’équilibre du corps.

La modération peut être exprimée par les notions suivantes :

  • الاعتدال — al-iʿtidāl : équilibre, juste mesure, modération ;
  • تدبير الغذاء — tadbīr al-ghidhāʾ : organisation ou régulation de l’alimentation ;
  • الحِمْيَة — al-ḥimya : régime, restriction ou diète thérapeutique.

Mais la restriction excessive est également dangereuse : le malade doit recevoir suffisamment de nourriture pour conserver ses forces.

5.4. Préserver les forces du malade

Pendant la maladie, le médecin doit concilier deux nécessités :

  • réduire l’alimentation lorsque cela aide l’organisme à combattre la maladie ;
  • nourrir suffisamment le malade afin qu’il ne perde pas ses forces.

Al-Rāzī invite donc à comparer :

  • قُوَّة المريض — quwwat al-marīḍ : la force du malade ;
  • قُوَّة المرض — quwwat al-maraḍ : la force ou la gravité de la maladie.

Une maladie grave ne justifie pas automatiquement une diète sévère, surtout si la personne est déjà affaiblie.

5.5. Tenir compte des habitudes

Al-Rāzī accorde une grande importance à l’habitude — العادة، al-ʿāda.
Un aliment auquel une personne est habituée peut parfois être mieux assimilé qu’un aliment théoriquement meilleur, mais inhabituel.

Il s’agit d’un principe essentiel de sa méthode clinique : les règles générales doivent toujours être adaptées au malade réel.

5.6. Préserver la santé et traiter la maladie

Al-Rāzī envisage l’alimentation sous deux angles complémentaires :

  • préserver la santé en choisissant des aliments, des quantités et des horaires appropriés ;
  • traiter la maladie en modifiant l’alimentation en fonction des symptômes et de leur évolution.

6. Phytothérapie, vitamines, minéraux, etc.

Trois choses.
D’abord, les savoirs actuels sont bien plus vastes que ceux de l’époque – même si certains savoirs se sont perdus.
Ensuite, l’alimentation de l’Occidental moyen est TRÈS CARENCÉE d’où la nécessité de compléments.
Enfin, il est intéressant de voir la présence des plantes dans la panoplie thérapeutique chez Al Razi et ses successeurs – voir annexe A2 en bas d’article.
Voir les différents articles du présent site sur les « compléments« .

7. أهل الكفاية – ahl al-kifāya – un réseau pertinent

7.1. Des personnes rassurantes et apaisantes

Selon al-Rāzī, l’état de l’âme (nafs) agit sur l’équilibre du corps.
Ainsi :

  • l’entourage doit être doux, calme et porteur d’espoir ;
  • il faut parler au malade avec bienveillance et modération ;
  • toute parole ou attitude suscitant peur, tristesse ou agitation doit être évitée, car elle aggrave la maladie.

7.2. Des personnes discrètes et mesurées dans la vérité

Al-Rāzī ne prône pas le mensonge, mais insiste sur la prudence dans ce qui est dit :

  • seules des personnes capables de retenue et de discrétion doivent être présentes ;
  • il faut éviter les discours alarmants, les spéculations pessimistes et les conversations sur la mort ;
  • l’information doit être communiquée de manière à préserver l’espérance, qu’il considère comme bénéfique sur le plan thérapeutique.

7.3. Des personnes de bonne moralité

Il relie le caractère moral à la santé :

  • l’entourage doit être patient, compatissant et respectueux ;
  • les comportements grossiers, les disputes et les bavardages inutiles nuisent à la tranquillité du malade ;
  • le respect du silence et du repos est fondamental.

7.4. Des aidants compétents et obéissants aux prescriptions médicales

Sur le plan pratique :

  • les personnes présentes doivent être capables de suivre strictement les instructions du médecin ;
  • al-Rāzī critique ceux qui contredisent le médecin ou imposent des remèdes non prescrits ;
  • l’ordre, la propreté et l’attention sont essentiels.

Aujourd’hui 99 % des médecins sont des spécialistes qui ne connaissent même pas ce dont on parle ici.

Le patient doit :
– informer le médecin de sa pratique de la Médecine totale cartésienne
– lui fournir les liens vers les articles comme celui-ci
– gérer lui-même par exemple la question des interférences entre plantes et médicaments industriels à l’aide de la base de données DRUGS.

7.5. Un entourage limité

Al-Rāzī recommande de restreindre les visites :

  • un trop grand nombre de visiteurs fatigue le malade ;
  • les visites fréquentes perturbent le sommeil et la stabilité émotionnelle ;
  • seules les personnes réellement utiles au confort ou aux soins devraient être admises régulièrement.

8. مزاج معتدل – mizāj muʿtadil – équilibre corporel

8.1. L’activité physique comme fondement de la santé

Al-Rāzī affirme que l’exercice physique modéré est l’un des moyens les plus efficaces pour conserver la santé et prévenir la maladie.
Il permet :

  • la dispersion des humeurs en excès,
  • l’amélioration de la digestion et de la circulation,
  • le maintien de l’équilibre du corps (i‘tidāl).

Il place l’exercice au même niveau que l’alimentation et le sommeil, et parfois avant les médicaments lorsque la maladie n’est pas aiguë.

8.2. L’exercice comme moyen thérapeutique

Pour al-Rāzī, l’activité physique joue un rôle direct dans la guérison, à condition qu’elle soit :

  • adaptée à l’état du patient,
  • dosée en intensité, durée et moment.

Dans les maladies légères ou chroniques, il recommande souvent la correction du mode de vie, y compris l’exercice, avant le recours aux traitements médicamenteux.

8.3. L’individualisation du traitement

Un principe central chez al-Rāzī est l’individualisation des soins.
L’exercice doit être prescrit selon :

  • l’âge,
  • la constitution physique,
  • la force du patient,
  • la nature et le stade de la maladie.

Un exercice bénéfique pour un corps robuste peut devenir nuisible pour un patient affaibli.

8.4. La modération et le bon moment

Al-Rāzī insiste sur la mesure : l’excès d’exercice est aussi dangereux que l’inactivité.
Il conseille notamment :

  • d’éviter l’exercice immédiatement après les repas,
  • de suspendre l’effort pendant les maladies aiguës,
  • de reprendre progressivement l’activité pendant la convalescence.

8.5. La hiérarchie des moyens de guérison

Dans la pensée thérapeutique d’al-Rāzī, l’ordre est le suivant :

  1. la régulation du mode de vie (dont l’activité physique),
  2. le régime alimentaire,
  3. les remèdes simples,
  4. les médicaments composés,
  5. les interventions lourdes (en dernier recours).

9. Environnement

Dans la tradition médicale gréco-arabe, al-Rāzī insiste sur l’influence :

  • de l’air corrompu,
  • des lieux insalubres,
  • de la proximité avec des personnes malades.

Même sans théorie microbienne, il reconnaît que la proximité d’un milieu malsain ou de malades peut aggraver l’état de santé, notamment lors d’épidémies, et recommande l’éloignement lorsque cela est possible.

Sans théorie microbienne, il propose le LAVAGE DES MAINS des intervenants autour du malade !!!

Cela sera perdu puis redécouvert par Semmelweis.

Annexe

A1 Les textes principaux d’Al Razi

  • كتاب منافع الأغذية ودفع مضارّها
    Kitāb Manāfiʿ al-aghdhiya wa-dafʿ maḍārrihā
    Livre des bienfaits des aliments et des moyens de prévenir leurs effets nuisibles
  • كتاب الحاوي في الطب
    Kitāb al-Ḥāwī fī al-ṭibb
    Le Livre complet de médecine
  • كتاب المنصوري في الطب
    Kitāb al-Manṣūrī fī al-ṭibb
    Le Livre de médecine dédié à al-Manṣūr

Le Ḥāwī – compilé après la mort d’al-Rāzī à partir de ses notes – rassemble des savoirs médicaux antérieurs et ses propres observations cliniques.
Son volume consacré à la diététique témoigne de la place importante accordée à l’alimentation.
Encyclopædia Iranica

A2 Exemples de plantes médicinales

Plante Nom latin Attribution Pharmacopée ou tradition Commentaire
Ail Allium sativum Présente chez Al-Rāzī al-Ḥāwī / al-Manṣūrī Drogue simple courante dans la médecine arabe.
Aloe vera Aloe vera Présente chez Al-Rāzī al-Ḥāwī / al-Manṣūrī Emploi purgatif et usage local.
Arnica Arnica montana Non attestée dans le corpus arabo-musulman classique Plante alpine européenne, absente des pharmacopées arabes classiques.
Artemisia annua Artemisia annua Présente dans une autre pharmacopée arabo-musulmane Dioscoride arabe / Ibn Sīnā, pour le genre botanique Le genre Artemisia est attesté, notamment sous le nom afsantīn, mais l’identification de l’espèce demeure incertaine.
Astragale Astragalus membranaceus Présente dans une autre pharmacopée arabo-musulmane Ibn Sīnā / Ibn al-Bayṭār Des produits issus de l’astragale, notamment la gomme adragante, sont attestés ; l’espèce exacte reste incertaine.
Avoine Avena sativa Présente dans une autre pharmacopée arabo-musulmane Ibn Sīnā, aliments, et sources ultérieures L’avoine apparaît comme aliment-médicament dans des compilations tardives ; l’attestation varie selon les sources.
Boswellia Boswellia serrata Présente dans une autre pharmacopée arabo-musulmane Ibn al-Bayṭār / tradition unani L’encens, lubān, est classique ; Boswellia serrata est surtout bien représenté dans la tradition unani.
Ylang-ylang Cananga odorata Non attestée dans le corpus arabo-musulman classique Plante d’Asie du Sud-Est relevant surtout de l’aromathérapie moderne.
Ravintsara Cinnamomum camphora Présente dans une autre pharmacopée arabo-musulmane Ibn Sīnā / tradition unani Le camphre, kāfūr, est une drogue importante ; « ravintsara » est une dénomination moderne d’huile essentielle.
Cannelle Cinnamomum verum Présente chez Al-Rāzī al-Ḥāwī / al-Manṣūrī Épice médicinale importée, largement citée.
Crataegus laevigata Crataegus laevigata Présente dans une autre pharmacopée arabo-musulmane Ibn al-Bayṭār L’aubépine, zaʿrūr, est attestée ; l’identification de l’espèce reste incertaine.
Aubépine Crataegus monogyna Présente dans une autre pharmacopée arabo-musulmane Ibn al-Bayṭār L’aubépine, zaʿrūr, est attestée.
Artichaut Cynara scolymus Présente dans une autre pharmacopée arabo-musulmane Ibn al-Bayṭār / sources ultérieures L’artichaut, kharshūf, apparaît dans des sources arabes tardives.
Artichaut 1 Cynara scolymus Présente dans une autre pharmacopée arabo-musulmane Ibn al-Bayṭār / sources ultérieures Entrée en double dans le fichier d’origine.
Souchet Cyperus esculentus Présente dans une autre pharmacopée arabo-musulmane Ibn Sīnā / sources ultérieures Le groupe des Cyperus, saʿd ou suʿd, est attesté ; l’identification précise du souchet comestible varie.
Échinacée Echinacea purpurea Non attestée dans le corpus arabo-musulman classique Plante nord-américaine relevant de la phytothérapie occidentale moderne.
Ginseng sibérien Eleutherococcus senticosus Non attestée dans le corpus arabo-musulman classique Plante d’Asie orientale utilisée comme adaptogène à l’époque moderne.
Éleuthérocoque Eleutherococcus sieboldianus Non attestée dans le corpus arabo-musulman classique Plante d’Asie orientale, non classique dans la pharmacopée arabe.
Érysimum Erysimum officinale Non attestée dans le corpus arabo-musulman classique Plante européenne qui ne constitue pas une drogue standard de la matière médicale arabe.
Eucalyptus radié Eucalyptus radiata Non attestée dans le corpus arabo-musulman classique Plante australienne utilisée surtout dans les huiles essentielles modernes.
Sarrasin Fagopyrum esculentum Non attestée dans le corpus arabo-musulman classique Le sarrasin n’est généralement pas répertorié dans la matière médicale arabe classique.
Flos Lonicerae Flos Lonicerae Non attestée dans le corpus arabo-musulman classique Terme de matière médicale chinoise désignant la fleur de chèvrefeuille.
Ginkgo Ginkgo biloba Non attestée dans le corpus arabo-musulman classique Plante d’Asie orientale d’usage mondial moderne.
Griffonia Griffonia simplicifolia Non attestée dans le corpus arabo-musulman classique Plante d’Afrique de l’Ouest utilisée comme complément moderne, notamment pour le 5-HTP.
Hamamélis Hamamelis virginiana Non attestée dans le corpus arabo-musulman classique Plante nord-américaine relevant de l’herboristerie occidentale moderne.
Hélichryse italienne Helichrysum italicum Non attestée dans le corpus arabo-musulman classique Usage aromatique et en huile essentielle moderne ; absence d’attestation sûre dans le corpus arabe.
Laurier noble Laurus nobilis Présente dans une autre pharmacopée arabo-musulmane Dioscoride arabe / Ibn Sīnā Le laurier est attesté comme drogue aromatique.
Mahonia à feuilles de houx Mahonia aquifolium Non attestée dans le corpus arabo-musulman classique Plante nord-américaine relevant de l’herboristerie occidentale moderne.
Maranta Maranta arundinacea Non attestée dans le corpus arabo-musulman classique Plante tropicale, principalement diffusée par les échanges mondiaux postmédiévaux.
Cajeput Melaleuca cajuputi Non attestée dans le corpus arabo-musulman classique Plante d’Asie du Sud-Est utilisée surtout dans les huiles essentielles modernes.
Nigelle Nigella sativa Présente chez Al-Rāzī al-Ḥāwī / al-Manṣūrī Connue sous le nom ḥabbat al-sawdāʾ ; largement citée.
Ginseng Panax ginseng Non attestée dans le corpus arabo-musulman classique Plante d’Asie orientale, non classique dans la pharmacopée arabe.
Géranium bourbon Pelargonium graveolens Non attestée dans le corpus arabo-musulman classique Plante originaire d’Afrique australe, introduite en Europe à l’époque moderne.
Millet brun Pennisetum glaucum Présente dans une autre pharmacopée arabo-musulmane Ibn Sīnā, aliments, et sources ultérieures Les millets, dukhn et termes apparentés, sont des aliments-médicaments classiques ; l’espèce exacte varie.
Phyllanthus niruri Phyllanthus niruri Non attestée dans le corpus arabo-musulman classique Plante tropicale d’usage surtout moderne en phytothérapie.
Grenade Punica granatum Présente chez Al-Rāzī al-Ḥāwī / al-Manṣūrī Le fruit et l’écorce sont employés en médecine.
Sauge Salvia officinalis Présente dans une autre pharmacopée arabo-musulmane Ibn al-Bayṭār / sources ultérieures La sauge est attestée dans des herbiers arabes tardifs ; les dénominations varient.
Romarin à cinéole Salvia rosmarinus Présente dans une autre pharmacopée arabo-musulmane Ibn al-Bayṭār / sources ultérieures Le romarin, iklīl al-jabal, est attesté ; la précision « à cinéole » relève de la classification moderne des chémotypes.
Scutellaire du Baïkal Scutellaria baicalensis Non attestée dans le corpus arabo-musulman classique Plante de la matière médicale chinoise, non classique dans la pharmacopée arabe.
Chardon-Marie Silybum marianum Attribution à vérifier Aucune correspondance classique fiable n’a été automatiquement établie.
Consoude Symphytum officinale Non attestée dans le corpus arabo-musulman classique Plante européenne qui ne constitue pas une drogue standard des pharmacopées arabes classiques.
Consoude de Russie Symphytum × uplandicum Non attestée dans le corpus arabo-musulman classique Hybride moderne, non classique.
Pissenlit Taraxacum Présente dans une autre pharmacopée arabo-musulmane Ibn Sīnā / sources ultérieures Le nom Taraxacum a été rapproché de la tradition avicennienne, mais peut se confondre avec hindibāʾ, la chicorée.
Cacao Theobroma cacao Non attestée dans le corpus arabo-musulman classique Plante du Nouveau Monde, diffusée après le XVIe siècle.
Thym Thymus vulgaris Présente dans une autre pharmacopée arabo-musulmane Ibn al-Bayṭār Le thym est attesté ; l’identification de l’espèce varie.
Fenugrec Trigonella foenum-graecum Présente chez Al-Rāzī al-Ḥāwī / al-Manṣūrī Connu sous le nom ḥulba ; usages émollient et digestif.
Ortie Urtica dioica Présente dans une autre pharmacopée arabo-musulmane Ibn Sīnā L’ortie est attestée.
Canneberge Vaccinium macrocarpon Non attestée dans le corpus arabo-musulman classique Plante nord-américaine introduite dans les échanges après 1492.
Cranberry Vaccinium macrocarpon Non attestée dans le corpus arabo-musulman classique Autre appellation de la canneberge ; plante nord-américaine introduite dans les échanges après 1492.
Valériane Valeriana officinalis Attribution à vérifier Aucune correspondance classique fiable n’a été automatiquement établie.
Ashwagandha Withania somnifera Présente dans une autre pharmacopée arabo-musulmane Tradition unani Plante importante de la tradition unani, généralement désignée sous le nom asgand.
Gingembre Zingiber officinale Présente chez Al-Rāzī al-Ḥāwī / al-Manṣūrī Connu sous le nom zanjabīl ; épice considérée comme réchauffante.
Attributions provisoires fondées sur le tableau de travail. Les identifications botaniques médiévales au niveau de l’espèce doivent être vérifiées dans les éditions critiques des textes.

Illustration

Montagne de Damavand Iran WikiMedia

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