Disons que Kate me demande de l’accompagner sur son chemin vers la santé.
Pour ce faire, j’ai besoin de savoir quels outils Kate a déjà dans son sac.

Dans sa thèse de 2010, Kelly Turner identifie les 9 familles d’outils utilisées par 100 % des survivants aux tumeurs malignes.
Des survivants à d’autres maladies mortelles ont les mêmes 9 familles d’outils.
Je dois ma survie à ces mêmes choses.
Alors, Kate et moi travaillons sur un document texte dans un Drive – Google, Apple, etc.
Pour chaque famille d’outils, je propose un onglet.
1. Travail sur les émotions – voir article Dénouer au fond de soi.
2. Booster les émotions positives. Vouloir vivre.
3. Être attentif à ses intuitions = être critique face aux conseilleurs.
4. Avoir des rituels, des célébrations qui décoiffent – qui collent aux émotions.
5. Adopter une nouvelle alimentation
6. Ne plus avoir de carences grâce aux compléments.
S’attaquer au mal avec des plantes.
7. Se constituer un réseau de soutien = des gens OK avec le présent modèle des survivants = être critique vis à vis des solutions miracles et simples.
8. Bouger mais aussi se faire masser et se masser.
9. Fuir les gens et les lieux toxiques
Kate « rempli » les neuf onglets.
En dessous, je crée un onglet pour les compléments car il y a pas mal de choses à dire.
Et un onglet pour les plantes.
Donc 1. Je donne le cadre 2. Kate rempli.
C’est l’écriture pour autrui.
Mais Kate réalise qu’elle a des choses à dire.
Des choses à propos des outils.
Des choses à côté des outils.
Des choses sur le passé, le présent et le futur.
Des choses « du fond de soi ».
Des choses qui ont interpellé Kate : musiques, livres, films, peintures, sculptures, etc.
Par exemple, le livre de Peter Sloterdijk Tu dois changer ta vie.
Ouvrage dans lequel il y a un poème de Rainer Maria Rilke écrit au Louvre, devant la statue d’Apollon.

Avec la traduction, on perd la musique du texte en allemand.
Des mots sont intraduisibles. Voir article de Daniel Macher.
En gras, je mets les mots intrduisibles.Torse archaïque d’Apollon Archaïscher Torso Apollos
Nous n’avons pas connu sa tête prodigieuse
où les yeux mûrissaient leurs prunelles. Pourtant
son torse luit encore ainsi qu’un candélabre,
c’est son regard, simplement dévrillé en lui,Wir kannten nicht sein unerhörtes Haupt,
darin die Augäpfel reiften. Aber
sein Torso glüht noch wie ein Kandelaber,
in dem sein Schauen, nur zurückgeschraubt,qui s’y tient rayonnant. L’orbe 1 de la poitrine
ne pourrait sinon t’éblouir, et de la douce
courbe lombaire un sourire ne pourrait fuir
vers ce centre porteur auparavant du sexe.sich hält und glänzt. Sonst könnte nicht der Bug
der Brust dich blenden, und im leisen Drehen
der Lenden könnte nicht ein Lächeln gehen
zu jener Mitte, die die Zeugung trug.Cette pierre sinon, dégradée et tronquée,
aurait pour toi le limpide à-pic 2 des épaules
et ne chatoierait pas comme la peau d’un fauve ;Sonst stünde dieser Stein entstellt und kurz
unter der Schultern durchsichtigem Sturz
und flimmerte nicht so wie Raubtierfelle;et n’éclaterait pas hors de tous ses contours
à la façon d’un astre : il n’existe point là
d’endroit qui ne te voie. Il faut changer ta vie.und bräche nicht aus allen seinen Rändern
aus wie ein Stern: denn da ist keine Stelle,
die dich nicht sieht. Du mußt dein Leben ändern.(1) Le mot Bug a un double sens : « proue » et « orbe » (note de Gerald Stieg)
(2) Le mot Sturz signifie aussi « linteau » (note de Gerald Stieg)
Illustration : Musée du Louvre
