Je me mets au clavier en pensant à ces patients qui ont des cellules malignes en folie.
Je m’interroge :
Est-ce que 100 % de ces patients ont connu une sorte de trauma autour de leur naissance ?
Dans la Médecine Systémique Hypermoderne, on ne s’intéresse pas à savoir le % exact.
Par définition, les noeuds du dit trauma sont dans l’inconscient.
On va y voir, on défait les noeuds, ça répare les mitochondries et plein d’autres choses.
Quand j’ai 29 ans, je fais ce genre de travail pendant deux années.
Je renouvelle quand j’ai 36 ans, là encore pendant deux années.
Arthur Janov – 1924 – a popularisé ce genre de travail sous le nom de Cri primal.
Aujourd’hui, je vais m’intéresser à son contemporain : Stanislav Grof.
Grof est né en 1931.
Il est donc un peu plus jeune que les gars de la Beat generation – Kerouac 1922, Ginsberg 1926, Burroughs 1914.
Quand Grof a 20 ans, Freud aurait eu 95 ans, Rank 67 ans, tandis que Jung a 76 ans.
Il synthétise le travail des grands-pères et approfondi la réflexion sur les expériences périnatales.
À savoir l’impact de la naissance et de la période prénatale sur la futur personnalité.
- Concepts de base :
- Freud : l’inconscient et les processus psychodynamiques.
- Otto Rank : notamment son concept du traumatisme de la naissance comme événement psychologique fondamental.
- Jung : l’inconscient collectif et les archétypes
Idée centrale :
Grof a proposé le concept de Matrices Périnatales Fondamentales (BPM I–IV), décrivant des schémas expérientiels liés aux différentes étapes de la naissance — de la vie intra-utérine à la délivrance.
Il suggérait que ces expériences précoces, souvent inconscientes, façonnent profondément la personnalité et la psychopathologie ultérieures.
Principaux ouvrages :
« Realms of the Human Unconscious: Observations from LSD Research » (1975)
« Beyond the Brain: Birth, Death, and Transcendence in Psychotherapy » (1985)
« The Adventure of Self-Discovery » (1988)
Une séance avec Grof
🧘♀️ 1. Cadre et préparation
- Environnement :
La séance se déroulait dans un espace calme et sécurisant — souvent une pièce faiblement éclairée, avec des tapis ou matelas disposés au sol. - Travail en binôme :
Les participants travaillaient généralement par deux : l’un était le respirant (celui qui vivait l’expérience) et l’autre le gardien ou sitter (qui assurait une présence attentive et bienveillante en cas de besoin). Les rôles étaient ensuite inversés. - Intention :
Le facilitateur (souvent Grof lui-même ou un praticien certifié) invitait à formuler une intention, sans objectif rigide — par exemple : « comprendre un schéma émotionnel récurrent » ou « explorer la source de mon angoisse ».
🌬️ 2. Le cœur du processus : respiration + musique
- Technique respiratoire :
Les participants pratiquaient une respiration profonde, rapide et connectée, semblable à une hyperventilation contrôlée.
Ce changement du rapport oxygène / dioxyde de carbone, combiné à la concentration, induisait des états modifiés de conscience. - Musique :
Une séquence musicale soigneusement structurée accompagnait la respiration :- Début : musique rythmée, tribale ou dramatique (pour stimuler et briser les défenses)
- Milieu : passages intenses, émotionnels ou chaotiques (pour faire émerger le matériel inconscient)
- Fin : sons doux et méditatifs (pour favoriser l’intégration)
💫 3. Le voyage intérieur
Pendant la respiration, le participant pouvait vivre :
- Des expériences biographiques : reviviscence d’événements passés et de leurs émotions.
- Des expériences périnatales : reviviscence des différentes phases de la naissance (les Matrices Périnatales Fondamentales I à IV selon Grof).
- Des expériences transpersonnelles : visions, archétypes, sensations d’unité, vécus mystiques ou « spirituels ».
- Des manifestations corporelles : tremblements, pleurs, rires, mouvements spontanés — considérés comme des libérations d’énergie et non comme des symptômes pathologiques.
Les facilitateurs pouvaient offrir un soutien non verbal (tenir la main, ajuster un coussin, etc.), mais n’intervenaient pas verbalement pendant le processus.
🌀 4. Phase d’intégration
Après la respiration active (souvent 2 à 3 heures), les participants :
- Se reposaient dans le calme,
- Réalisaient un dessin de mandala ou une œuvre spontanée inspirée de leur expérience,
- Partageaient éventuellement leur vécu lors d’un groupe d’intégration.
L’intégration était considérée comme essentielle — elle permettait de relier les expériences vécues dans l’état modifié de conscience à la vie quotidienne.
La mémoire du corps
La plupart des gens commencent à avoir leurs premiers souvenirs conscients vers 3 à 4 ans.
Il y a amnésie infantile : les souvenirs d’avant cet âge sont en général perdus, car le cerveau — en particulier l’hippocampe, qui joue un rôle central dans la mémoire autobiographique — n’est pas encore complètement mature.
Cependant, certains fragments sensoriels ou émotionnels peuvent remonter à 2 ans, voire un peu avant, surtout s’ils sont associés à une forte émotion.
On parle de mémoire du corps lorsqu’on évoque des traces d’expériences vécues qui ne passent pas par la mémoire consciente, mais qui sont inscrites dans les sensations, les émotions, les tensions physiques, ou les schémas de comportement.
Elle correspond, dans le langage des neurosciences, à des formes de mémoire implicite, qui incluent :
- la mémoire procédurale – comment faire du vélo, marcher, respirer calmement, etc. ;
- la mémoire émotionnelle – réactions du système nerveux à certaines situations ou stimuli ;
- des empreintes somatiques liées à des expériences précoces (stress, douleur, sécurité, attachement…).
Ces mémoires se forment avant même l’apparition du langage ou de la mémoire autobiographique.
Elles peuvent donc être préverbales — voire prénatales selon certaines approches.
La science contemporaine reconnaît bien que :
- le corps enregistre des traces d’expériences précoces, notamment via le système nerveux autonome ;
- les traumatismes précoces peuvent être réactivés corporellement, même sans souvenir conscient (cf. travaux de Bessel van der Kolk, The Body Keeps the Score / Le corps n’oublie rien).
Photo WikiMedia. Drpoulette from Mexico City, Mexico

Une réflexion sur “Dénouer au fond de soi”